Comment la boutique en ligne de puériculture éco-responsable My Wonderful Kids est passée de 7 à 8 jours par mois consacrés à son catalogue à 3 à 4 heures, en confiant la catégorisation et la production éditoriale à l'IA. Le parcours, du diagnostic à l'accompagnement, et le témoignage d'Annabelle Boynard.

Dans une boutique en ligne, le catalogue ne se termine jamais. Chaque nouvelle référence demande d'être rangée, décrite, reliée aux bonnes collections. Tant que le catalogue est petit, c'est une tâche parmi d'autres. Passé un certain seuil, elle avale tout le reste.
C'est la situation que vivait My Wonderful Kids quand nous avons commencé à travailler ensemble. Aujourd'hui, la gestion du catalogue ne prend plus que 3 à 4 heures par mois, contre 7 à 8 jours auparavant. Mais le chiffre le plus intéressant n'est pas celui du temps gagné. C'est la nature du travail qui reste.
My Wonderful Kids vend en ligne des produits éco-responsables pour bébés, enfants et parents. L'entreprise est installée à Lavérune, dans l'Hérault, et propose plusieurs centaines de références issues d'une cinquantaine de marques partenaires, organisées en collections thématiques et accompagnées d'articles de conseil.
Son modèle repose sur la confiance : ce que les parents viennent chercher, c'est un tri exigeant, des compositions expliquées, des conseils fiables. Autrement dit, la valeur de la boutique tient précisément dans le travail qui coûte le plus de temps : sélectionner, classer, expliquer.
Avant le projet, l'animation du catalogue représentait entre 7 et 8 jours de travail chaque mois. Trois tâches se partageaient ce temps :
Annabelle Boynard décrit très bien cette période :
J'avais l'impression de passer mes journées à ranger la boutique plutôt qu'à la faire vivre. Chaque arrivage voulait dire des heures de classement et de rédaction, et pendant ce temps, je ne travaillais ni sur nos thématiques, ni sur nos marques, ni pour nos clients.
Annabelle Boynard, Directrice Générale de My Wonderful Kids
C'est le piège classique d'une PME du retail en ligne : le temps passé à gérer est pris directement sur le temps passé à développer. Et contrairement à une ligne de coût, il n'apparaît dans aucun tableau de bord.
Le projet ne s'est pas résumé à brancher un outil. Il a suivi trois temps, et c'est cet enchaînement qui explique que les résultats se soient maintenus dans la durée.
Nous avons commencé par regarder où partait réellement le temps. Tâche par tâche : ce qui est répétitif, ce qui demande un jugement, ce qui ne peut être fait que par la dirigeante parce qu'il engage l'identité de la marque.
Ce diagnostic a permis de tracer une frontière claire. D'un côté, ce que l'IA peut prendre en charge : la catégorisation des produits et des articles, la production des premiers jets éditoriaux. De l'autre, ce qui doit rester humain : le choix des thématiques, le ton de la marque, la validation finale. Une automatisation qui ne respecte pas cette frontière finit toujours par être débranchée.
Pour aller plus loin sur cette étape, voir le diagnostic et la stratégie de transformation digitale.
Le dispositif mis en place s'appuie sur deux briques :
Mais un dispositif que l'on ne comprend pas reste une boîte noire, et une boîte noire, on finit soit par la subir, soit par l'abandonner. La formation a donc porté sur la manière de piloter ces outils : formuler une consigne éditoriale, relire efficacement une proposition, corriger une catégorisation, savoir quand reprendre la main.
Le déclic est venu de la formation L'art du prompt, qui a changé la façon dont Annabelle travaille avec l'IA au quotidien. Elle s'appuie sur le framework COCA : Contexte, Objectif, Contraintes, Actions. Au lieu d'écrire une demande différente à chaque fois et d'espérer un bon résultat, chaque prompt suit la même structure : le contexte de la boutique, ce qu'on attend, les règles à respecter, puis les étapes à suivre.
Cette structure a produit deux bénéfices très concrets :
C'est l'un des effets les moins visibles et les plus durables du projet : la compétence acquise appartient à l'entreprise, pas à un logiciel.

Les premières semaines après une mise en place sont décisives. C'est là que les vieux réflexes reviennent, que l'on hésite à faire confiance à l'outil, ou à l'inverse qu'on lui fait trop confiance.
L'accompagnement s'est déroulé sur six mois, à raison de deux demi-journées par mois. Ces points réguliers ont permis d'ajuster les consignes des agents, d'affiner les règles de catégorisation et surtout de transformer les bonnes pratiques en habitudes. C'est le rôle de l'accompagnement à la mise en place de solutions : ne pas livrer un outil, mais s'assurer qu'il est encore utilisé, et bien utilisé, une fois l'accompagnement terminé.
Ce qui a fait la différence, c'est de ne pas être lâchée avec un outil. On a d'abord compris où partait notre temps, puis appris à travailler avec l'IA, et les points réguliers nous ont permis de corriger le tir au fil de l'eau plutôt que de tout remettre en question.
Annabelle Boynard, Directrice Générale de My Wonderful Kids
| Avant | Après | |
|---|---|---|
| Temps mensuel consacré au catalogue | 7 à 8 jours | 3 à 4 heures |
| Sur une année | 84 à 96 jours | 36 à 48 heures, soit 5 à 7 jours |
| Catégorisation d'un nouveau produit | Manuelle, collection par collection | Automatique, avec contrôle humain |
| Rédaction d'une fiche | Page blanche ou texte fabricant | Proposition structurée à valider |
| Rôle de la dirigeante | Exécuter | Définir, arbitrer, piloter |
Sur la base de journées de 7 heures, le temps consacré au catalogue a été réduit de plus de 90 %. Rapporté à l'année, ce sont près de quatre mois de travail rendus à l'entreprise.
Ce qu'Annabelle Boynard retient pourtant, ce n'est pas le chiffre :
Aujourd'hui, je ne gère plus un catalogue, je pilote une ligne éditoriale. Je décide des thématiques, du ton, du calendrier de publication, et l'IA fait le reste sous mon contrôle. J'ai retrouvé du temps pour ce qui fait vraiment la différence : choisir nos marques et échanger avec nos clients.
Annabelle Boynard, Directrice Générale de My Wonderful Kids
Le gain de temps est spectaculaire, mais il cache une transformation plus profonde. Le travail n'a pas disparu, il a changé de nature. Trois missions ont remplacé les tâches de gestion.
Quand une machine rédige, la question n'est plus « qui écrit ? » mais « qu'est-ce qu'on veut dire, et comment ? ». Le ton, les engagements de la marque, ce qu'on affirme et ce qu'on s'interdit : tout cela doit être explicite, parce que c'est ce qui guide les agents. Une ligne éditoriale floue produit un contenu fade, quelle que soit la qualité de l'IA.
Quelles thématiques mettre en avant, à quel moment de l'année, pour quels clients ? Libérée de l'exécution, la dirigeante peut enfin raisonner en calendrier et en temps forts plutôt qu'en urgences.
Relire, valider, corriger, ajuster les consignes quand le résultat dérive. C'est un travail de contrôle et d'arbitrage, court mais indispensable. C'est lui qui garantit que la boutique garde sa voix, et c'est lui qui occupe désormais l'essentiel des 3 à 4 heures mensuelles.
C'est exactement ce que je recommande aux dirigeants que j'accompagne : l'IA ne doit pas vous retirer la décision, elle doit vous retirer l'exécution. Si votre rôle après le projet ressemble à votre rôle avant, avec simplement un outil de plus, le projet a échoué.

Consultant en transformation digitale & IA
Depuis plus de 20 ans, j'accompagne les dirigeants de PME et ETI en Occitanie dans leur transformation digitale. J'ai piloté des projets pour Avis, Europcar ou EDF. Aujourd'hui consultant en transformation digitale et IA, j'aide mes clients à intégrer ces technologies pour renforcer productivité et performance des équipes.

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