COCA : le framework de prompt engineering qui s'adapte à tout, ou presque

Contexte, Objectif, Contraintes, Actions : la structure de prompt que j'utilise aussi bien pour coder, rédiger une documentation, écrire des spécifications ou construire d'autres prompts. Présentation de COCA et de ce qui le différencie des frameworks classiques (RTF, CO-STAR, RACE...).
Publié le 25/07/2026
Par Olivier Lacombe
9 min.

COCA : le framework de prompt engineering qui s'adapte à tout, ou presque

Quand on commence à s'intéresser sérieusement au prompt engineering, on tombe vite sur la même liste : RTF, CO-STAR, CRISPE, RACE, TAG, APE, ICIO... Chaque framework a sa logique, ses cas d'usage de prédilection, ses limites. Le problème, c'est qu'à force d'en accumuler, il faudrait presque en maîtriser une dizaine pour couvrir tous les contextes : un prompt de rédaction n'a pas les mêmes besoins qu'un prompt de code, de documentation ou de spécification.

C'est ce constat qui m'a conduit à modéliser COCA : Contexte, Objectif, Contraintes, Actions. Pas pour remplacer les frameworks existants par principe, mais parce qu'aucun d'entre eux ne tenait la route sur l'ensemble des situations où j'écris des prompts au quotidien : code, documentation, prompt de prompt, spécifications... Je m'en sers aujourd'hui presque partout.

Pourquoi un nouveau framework de prompt engineering ?

Quand j'ai commencé à structurer mes prompts, je me suis documenté sur les frameworks existants, avec l'idée de transmettre cette connaissance aux professionnels que je formais. Mais plus j'avançais, plus la même limite revenait : chaque framework couvrait bien un type de tâche, mais aucun ne fonctionnait de façon satisfaisante sur l'ensemble des contextes que je rencontrais réellement. Continuer sur cette voie aurait signifié en enseigner une dizaine, au risque de perdre les professionnels en cours de route plutôt que de les outiller.

C'est cette conviction qui a fait naître COCA : un framework à la fois logique dans son enchaînement et suffisamment polyvalent pour s'appliquer à un très grand nombre de contextes, sans perdre en rigueur.

La structure COCA en quatre blocs

COCA s'organise en quatre blocs, toujours dans le même ordre : Contexte, Objectif, Contraintes, puis Actions. Chacun a un rôle précis et un poids très différent dans le prompt final. Le bloc Contraintes est volontairement le plus dense : c'est lui qui absorbe l'essentiel du travail de cadrage, là où la plupart des autres frameworks le diluent dans le contexte ou la tâche, au risque de l'oublier.

Voici, bloc par bloc, ce que je mets dedans, illustré par un même exemple filé : cadrer la rédaction d'une spécification technique.

Contexte

Le contexte pose le cheminement de pensée : d'où vient la demande, quelle situation l'a déclenchée, quel problème on cherche à résoudre. C'est mécaniquement le bloc le plus long, parce qu'il doit concentrer toute l'information nécessaire pour que le modèle comprenne la situation sans avoir à deviner : plus le contexte est précis, moins le modèle comble les vides par des suppositions.

Prompt
CONTEXTE :
 
Nous développons une fonctionnalité d'export PDF pour les factures de notre application de gestion.
Les utilisateurs exportent aujourd'hui leurs factures en copiant les données dans un tableur, ce qui génère des erreurs de mise en forme.
Le futur export doit reproduire fidèlement le gabarit de facture déjà utilisé sur le site, disponible dans le composant InvoiceTemplate.

Le bloc Contexte représente environ 40% du volume rédactionnel du prompt.

Objectif

L'objectif tient en une seule phrase, à l'infinitif, sans détail. Il cadre la finalité, pas la manière d'y arriver : le mot-clé initial ("Créer", "Produire", "Générer"...) suffit à orienter le modèle avant même qu'il ne lise les contraintes. C'est volontairement le bloc le plus court : y ajouter du détail reviendrait à dupliquer ce que le contexte et les contraintes précisent déjà.

Prompt
OBJECTIF :
 
Rédiger la spécification technique de la fonctionnalité d'export PDF.

Le bloc Objectif représente moins de 1% du volume rédactionnel du prompt.

Contraintes

C'est le bloc le plus dense, et c'est un choix délibéré. Il rassemble tout ce qui borde la réponse attendue : format de sortie, ton, longueur, éléments à inclure ou à exclure, standards à respecter, pièges à éviter. Plus les contraintes sont explicites, moins le modèle a de marge pour partir dans une direction plausible mais non désirée.

Prompt
CONTRAINTES :
 
- La spécification doit suivre le gabarit interne (Contexte, User stories, Critères d'acceptation, Hors périmètre).
- Ne pas proposer de solution technique d'implémentation, uniquement le besoin fonctionnel.
- Les critères d'acceptation doivent être formulés en Gherkin (Étant donné / Quand / Alors).
- Se limiter au périmètre de l'export PDF, sans traiter les autres formats d'export.

Le bloc Contraintes représente à lui seul 50% ou plus du volume rédactionnel du prompt.

Actions

Les actions décrivent la suite logique du raisonnement à suivre : comment tenir compte des éléments fournis, quelles questions poser en cas d'ambiguïté, puis comment construire la réponse jusqu'à l'objectif. Elles sont systématiquement présentées en liste numérotée, jamais en prose. C'est ce qui rend le raisonnement du modèle vérifiable étape par étape.

Prompt
ACTIONS :
 
1. Analyser ma demande
2. Poser toutes les questions d'éclaircissement nécessaires
3. Définir un plan d'actions détaillées pour répondre à ma demande
4. Produire le résultat attendu

Le bloc Actions représente environ 9% du volume rédactionnel du prompt.

Le gabarit que j'utilise systématiquement

Concrètement, tous mes prompts partent du même squelette :

Prompt
CONTEXTE :
 
...
 
OBJECTIF :
 
...
 
CONTRAINTES :
 
...
 
ACTIONS :
 
1. ...

Les actions sont systématiquement présentées sous forme de liste numérotée, jamais en prose. Quand j'ai besoin de sous-parties, je les introduis en gras suivi de deux-points, par exemple :

Prompt
**Structure du résultat attendu** :
...

Ces mots-clés en majuscules (CONTEXTE, OBJECTIF, CONTRAINTES, ACTIONS) sont la seule exception à une règle que j'applique partout ailleurs : pas de majuscules en dehors des acronymes. Toutes mes phrases commencent par une majuscule et se terminent par un point, et l'ensemble du prompt est mis en forme en Markdown. Ce n'est pas un détail cosmétique : la cohérence typographique aide le modèle à repérer instantanément la structure du prompt, et elle m'aide moi à rester discipliné dans ma rédaction.

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COCA face aux frameworks de prompt engineering les plus utilisés

COCA

Structure : Contexte -> Objectif -> Contraintes -> Action

Cas d'usage principal : cadrer des tâches variées et souvent complexes (code, documentation, spécifications, prompt de prompt) où le contexte et les contraintes doivent être explicités pour éviter que le modèle ne comble les vides par des suppositions.

Points forts
  • Sépare le "cadre" (contexte + contraintes) de la "finalité" (objectif + action)
  • Les contraintes forment un bloc à part entière
  • Ordre proche du raisonnement humain
Limites
  • Moins connu, donc peu de ressources mais je publierai d'autres articles pour fournir plus d'explications

RTF (Role, Task, Format)

Structure : Rôle -> Tâche -> Format

Cas d'usage principal : des tâches courtes et à faible enjeu où l'on veut une réponse rapide, sans avoir besoin de cadrer un contexte ou des contraintes détaillées (reformuler un texte, générer une liste, une réponse simple).

Points forts
  • Simple à mémoriser, rapide à écrire, efficace sur des tâches courtes
Limites
  • Pas de gestion du contexte ni des contraintes
  • Peu adapté aux tâches complexes

CO-STAR

Structure : Context -> Objective -> Style -> Tone -> Audience -> Response

Cas d'usage principal : des contenus orientés communication où le ton, le style et l'audience ciblée pèsent autant que le fond (rédaction marketing, réseaux sociaux, communication externe).

Points forts
  • Très complet sur la dimension communication (ton, style, audience)
Limites
  • Plus lourd à remplir
  • Pas de bloc contraintes explicite

CRISPE

Structure : Capacity/Role -> Insight -> Statement -> Personality -> Experiment

Cas d'usage principal : l'exploration créative et le brainstorming itératif, où l'angle et la personnalité donnés au modèle comptent autant que le résultat final.

Points forts
  • Bon pour l'exploration créative et l'itération
Limites
  • Vocabulaire flou, structure peu actionnable en production

RACE

Structure : Role -> Action -> Context -> Expectation

Cas d'usage principal : des tâches orientées action où l'on veut aller droit au but, le contexte venant ensuite préciser le cadre plutôt que l'ouvrir (proche de COCA mais avec un enchaînement inversé).

Points forts
  • Proche de COCA dans l'esprit, bon équilibre rôle/action
Limites
  • Le contexte arrive après l'action
  • Pas de bloc contraintes séparé

TAG

Structure : Task -> Action -> Goal

Cas d'usage principal : les prompts jetables, ponctuels et à faible enjeu, où la rapidité de rédaction prime sur la structure.

Points forts
  • Ultra minimaliste, idéal pour un prompt jetable
Limites
  • Trop pauvre pour une tâche à enjeux

APE

Structure : Action -> Purpose -> Expectation

Cas d'usage principal : cadrer un livrable précis avec un objectif orienté résultat, sans nécessiter un contexte détaillé en amont.

Points forts
  • Orienté résultat, bon pour cadrer un livrable
Limites
  • Pas de gestion de contexte

ICIO

Structure : Instruction -> Context -> Input -> Output

Cas d'usage principal : les tâches de transformation texte vers texte (traduction, reformulation, résumé, extraction d'information) où l'entrée et la sortie doivent être clairement délimitées.

Points forts
  • Bon pour les tâches de transformation texte -> texte
Limites
  • Moins naturel pour des tâches créatives ou stratégiques

Ce qui distingue vraiment COCA

Trois éléments expliquent pourquoi ce framework fonctionne dans autant de contextes différents :

  1. Le bloc Contraintes est autonome. La plupart des frameworks (RTF, RACE, TAG, APE) diluent les contraintes dans le contexte ou la tâche, ce qui les rend faciles à oublier. COCA force à les expliciter, et leur consacre mécaniquement la moitié du prompt.
  2. L'ordre suit un cheminement cognitif naturel. On situe (contexte), on vise (objectif), on borne (contraintes), puis on déclenche (action). C'est proche de la façon dont on briefe un collaborateur.
  3. Un bon compromis complétude/simplicité. Plus structuré que RTF, TAG ou APE, mais moins verbeux que CO-STAR.

Un framework qui s'utilise partout, ou presque

Ce qui me sert le plus au quotidien avec COCA, ce n'est pas tant sa rigueur que sa portabilité. Le même squelette me sert à cadrer une tâche de développement, à rédiger une documentation, à écrire un prompt de prompt, ou à poser des spécifications.

Je n'ai plus besoin de changer de grille de lecture selon le sujet, seul le contenu de chaque bloc change, jamais leur logique.

Olivier Lacombe
A propos de l'auteur

Olivier Lacombe

Consultant

Consultant en transformation digitale, j'accompagne les dirigeants de PME et ETI en Occitanie dans leurs projets de digitalisation : audit, data, cloud, IA et automatisation.

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