Retour d'expérience sur la création de l'Anonymiser FEC : 30 minutes pour une application desktop, 30 minutes pour une version web, zéro ligne de code tapée par mes soins. Le tout né d'une démonstration improvisée en formation.
C'était une journée comme les autres. J'animais une formation sur l'IA générative auprès des associés des cabinets comptables Sodec et Slejko. Vous savez, ces sessions où l'on explique ce que l'IA peut faire, ce qu'elle ne peut pas faire, et surtout comment l'utiliser intelligemment dans son métier.
À un moment, la discussion a bifurqué vers un problème récurrent : comment exploiter les outils d'IA pour analyser des données comptables sans compromettre la confidentialité des clients ? Parce que charger un FEC brut dans ChatGPT, c'est un peu comme afficher les relevés bancaires de vos clients dans le hall d'entrée du cabinet.
Le FEC, pour ceux qui auraient séché les cours de compta, c'est le Fichier des Écritures Comptables. Un export standardisé obligatoire depuis 2014 qui contient toutes les écritures d'un exercice. Autant dire une mine d'or pour l'analyse... et une bombe à retardement niveau RGPD si mal manipulé.
Les échanges étaient riches. Thomas Herlem, Bruno Malefant, Thierry Barrendon, Kamal Bouchabka, Mickael Roure – tous autour de la table à cogiter sur les cas d'usage possibles. Et soudain, la question qui tue : "Et si on anonymisait le FEC avant de l'envoyer à l'IA ?"
Simple. Évident. Efficace.
Thomas Herlem m'avait partagé l'Anonymiser FEC de Fabrice Heuvard, dont tout le monde parle dans la profession. Je l'avais testé et j'avais identifié rapidement les limites de l'outil : l'anonymisation est bien trop brutale... y'a plus rien que l'on puisse réellement exploité au final.
D'où l'idée suivante : Remplacer tous les noms de clients par CLIENT_001, CLIENT_002, les fournisseurs par FOURNISSEUR_001, etc. Les libellés sensibles ? Neutralisés. Les références de factures ? Transformées en codes génériques. Le fichier garde toute sa valeur analytique – les montants, les équilibres, les flux – mais devient totalement anonyme.
C'est là que j'ai fait quelque chose de probablement inconscient : j'ai dit "Je vous montre comment on pourrait créer cet outil avec l'IA".
J'ai ouvert Claude Code devant tout le monde. Pas de filet, pas de préparation. Juste un terminal et une idée.
Mon brief était simple : créer une application desktop capable d'ouvrir un fichier FEC, d'identifier les colonnes sensibles, de les anonymiser de manière cohérente, et d'exporter le résultat. Le tout sans envoyer la moindre donnée sur Internet.
Bon, je la fait courte là, mais nous sommes tout de même passer par un processus que j'ai mis en place depuis plusieurs mois, allant de la dictée orale d'un brief sur mon iPhone à l'élaboration de spécifications fonctionnelles...
Claude Code devait faire le reste.
En 30 minutes chrono, j'avais une application ElectronJS fonctionnelle. Compatible Windows 10/11, macOS et Linux. Interface propre, drag & drop du fichier, prévisualisation des données, anonymisation en un clic, export du fichier transformé.
Là, c'est du concret. Pas parce que l'outil était révolutionnaire – des anonymiseurs de données, ça existe. Mais parce qu'ils venaient de voir naître une application métier en temps réel, sans que je tape une seule ligne de code.
Le plus drôle ? Claude Code a même pensé à des détails auxquels je n'avais pas songé, comme conserver un mapping des transformations pour pouvoir "ré-identifier" les données si nécessaire. Malin.
Évidemment, une app desktop c'est bien, mais ce n'est pas idéal pour la distribution. Il faut télécharger, installer, gérer les mises à jour... Bref, tout ce que les utilisateurs détestent.
J'ai donc relancé Claude Code avec un nouveau brief : transformer le concept en application web React, fonctionnant intégralement dans le navigateur. Même principe : aucune donnée transmise au serveur, tout le traitement en local côté client.
30 minutes plus tard, c'était fait.
Cette version était même plus aboutie que la précédente. Statistiques en temps réel sur le nombre d'entités anonymisées, tableau de prévisualisation avec tri et filtres, possibilité de télécharger le fichier anonymisé ou le dictionnaire de correspondances. Le tout avec une interface responsive qui fonctionnait aussi bien sur mobile que sur desktop.
Une heure de travail au total. Zéro ligne de code écrite de ma main. Deux applications fonctionnelles.

Après la formation, j'aurais pu en rester là. Mais le besoin était réel, l'outil fonctionnel, et les retours enthousiastes. Alors j'ai décidé de pousser l'expérience jusqu'au bout : intégrer l'Anonymiser FEC sur mon site web, accessible gratuitement à tous.
Quelques sessions de travail avec Claude Code plus tard, l'outil était en ligne. Version améliorée, testée, documentée. Avec une FAQ complète, des conditions d'utilisation béton (parce qu'on ne rigole pas avec le juridique), et une page explicative digne de ce nom.
Le plus satisfaisant dans cette histoire ? Le traitement reste 100% local. Vos fichiers FEC ne quittent jamais votre navigateur. Aucune donnée n'est envoyée sur mes serveurs. C'est la garantie absolue que j'ai voulu offrir : utilisez l'outil les yeux fermés, vos données restent les vôtres.
Pour la tester, c'est ici !
Premièrement, le fossé entre "avoir une idée" et "avoir un prototype" n'a jamais été aussi mince. En une heure, sans compétences particulières en développement Electron ou en traitement de fichiers CSV, j'avais deux applications fonctionnelles. C'est vertigineux.
Deuxièmement, l'expertise métier reste irremplaçable. Claude Code a codé, mais ce sont les experts-comptabless autour de la table qui ont défini les besoins, identifié les colonnes sensibles, validé la logique d'anonymisation.
L'IA amplifie l'expertise, elle ne la remplace pas.
Troisièmement, la démonstration vaut mille explications. J'aurais pu parler pendant des heures du potentiel de l'IA générative pour créer des outils métiers. Rien n'aurait été aussi convaincant que cette session de live coding improvisée.
L'Anonymiser FEC n'est qu'un exemple. Un cas d'usage parmi des milliers possibles. Ce qui compte, c'est la méthodologie : identifier un besoin métier précis, briefer l'IA avec clarté, itérer rapidement jusqu'à obtenir un résultat satisfaisant.
Aujourd'hui, n'importe quel sachant peut créer son propre outil. Pas besoin d'être développeur. Pas besoin de budget faramineux. Juste une bonne compréhension de son métier et la capacité à exprimer clairement ce dont on a besoin.
Les cabinets comptables qui ont participé à cette formation l'ont compris. Ils ne regardent plus l'IA comme une menace ou un gadget, mais comme un accélérateur de leur expertise. Et ça, c'est exactement ce que j'essaie de transmettre dans mes interventions.
L'IA ne va pas remplacer les experts-comptables. Mais les experts-comptables qui savent utiliser l'IA auront un avantage décisif sur les autres.
Et si vous voulez tester l'outil, il est là, gratuit, sur mon site. Anonymisez vos FEC, confiez-les à ChatGPT ou Claude, et exploitez enfin la puissance de l'IA générative sur vos données comptables. En toute sérénité.

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